COSTES : INTERVIEW (FIN)
LES MEDIAS : Avant mes procès, les journaliste donnaient plutôt une bonne image de moi, bien qu’ils soient dans l’ensemble incapables de comprendre profondément ce que je fais, se contentant d’une exploitation sensationnaliste des aspects les plus crus. Mais depuis que je suis attaqué par l’union des étudiants juifs de France pour “racisme” dans mes oeuvres, les mêmes journaux qui me présentaient comme un “artiste excentrique”, n’hésitent pas à me présenter, désormais, comme un dangereux nazi. J’ai été ainsi insulté dans Libé, Les Inrockuptibles, Le Monde, Marianne, L’Express, Netsurf, toute la presse “officielle” finalement. Seuls les journalistes des magazines culturels indépendants, qui connaissent bien mon oeuvre et sont de réels passionnés, continuent à me présenter de manière objective. Les mensonges publiés sur moi dans les journaux les plus “sérieux et crédibles”, me font m’interroger sur la qualité de l’information en général en France. Nous nous croyons libres et bien informés, mais ne sommes nous pas de fait manipulés sur tous les sujets par la propagande ?
LA VIOLENCE : La violence de mon art, que me reprochent mes détracteurs qui voudraient obtenir la censure de mes oeuvres, n’est que le pâle reflet de la réalité qui nous entoure et des fantasmes qui nous hantent.
LA CENSURE : Depuis 1996 j’ai subi quatre procès qui me reprochent la publication sur mon site internet de textes du disque Livrez les blanches aux bicots, une satyre des fantasmes sexo-racistes genre graffitis de chiots, que j’ai enregistrée en 1989. Afin de m’enfoncer davantage, mes censeurs, qui estiment que “l’art a des limites”, cherchent à me faire passer pour un nazi raciste et anti-sémite ! C’est totalement faux, mais ça peut marcher quand le juge ne connait rien à l’art indépendant, et que la presse participe à la campagne de calomnie contre moi. Les conséquences de ces procès sont catastrophiques : plus de distribution des disques, annulations de spectacles, plus d’accès positif aux médias, très mauvaise image, menaces de morts incessantes, etc… sans parler des frais considérables : rien que les honoraires d’avocats, pour ma défense, dépassent 120.000 frs sur quatre ans, alors que je vis avec 2000 frs par mois ! Ils vont me foutre clochard !
LA SOLITUDE : Je suis seul, je me sens seul, je suis bien tout seul. La solitude est ma condition et la condition de ma création.
LA POSTERITE : J’archive systématiquement mes oeuvres pour la postérité. Je veux les préserver des autodafés, de l’inquisition, et des mites. Je travaille pour la gloire.
BAISE-MOI : C’est agréable de travailler avec Virgine Despentes. Mais tout ce bordel sur la “liberté dans l’art” dans les médias me donne envie de vomir. Baise-moi n’est pas un petit film indépendant, mais une production de Pan-Européenne, société de la multinationale Universal. Ce film bénéficie des gros moyens de propagande de ce réseau. Le plan du “pauvre petit film indépendant persécuté” n’est qu’un truc marketing relayé complaisamment par les médias pourris. Aucun de mes films ne passe en salle, je suis systématiquement censuré, persécuté, et ces mêmes médias ne s’en émeuvent pas le moins du monde, et même approuvent et participent par leur propagande à ma destruction. Il y a les faux artistes “libres et provocateurs”, à la solde du show-bizz, qui jouent les punks bourrés à la télé, et il y a les vrais artistes qui crèvent dans leur merde, comme moi, ou Doc JPP, dessinateur de BD condamné en 1999 à ne plus faire pendant cinq ans de dessins “pornographiques ou violents”, des artistes dont vous n’entendrez jamais parler sur France Info.
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