merzbo-derek

(tableaux exotiques & odalisques beat)
(natures mortes & musiques fictives)
THE RED CRAYOLA
SOLDIER-TALK

Depuis ses débuts au milieu des années 1960, Mayo Thompson, le leader de Red Crayola (ou Krayola), n’en a toujours fait qu’à sa tête, plus attiré qu’il a toujours été par ce qu’il a appelé les « free-forms freakouts » que par quoique ce soit d’autre en rapport avec le rock au sens strict. Ainsi figurent au palmarès de cette formation d’origine texane deux des disques les plus fous du psychédélisme, Parable Of Arable Land (1967) et God Bless The Red Krayola & All Who Sail With It (1968), deux albums de pur délire à base d’improvisations proches de l’esprit de ce que confectionnaient alors les Mothers Of Invention de Frank Zappa. L’idéologie hippie, quoique l’on puisse imaginer, a toujours été étrangère à Mayo Thompson qui s’est rapidement découvert des affinités avec le punk-rock britannique, au point d’aller s’installer en Grande-Bretagne, patrie qu’il pense alors plus réceptive aux musiques déviantes. Toujours est-il que c’est effectivement depuis l’Angleterre que Red Crayola offrira un écho fascinant à la no wave new-yorkaise naissante, comme le relate Soldier-Talk, produit en compagnie du Britannique Geoff Travis, connu des amateurs pour son travail au sein du label Rough Trade. Plus encore que l’écho de la no wave, il s’agit peut-être bien là d’une singulière passerelle tendue par-dessus l’Atlantique, puisque collaborent autour de Mayo Thompson rien moins que l’Anglaise Lora Logic, ex-X-Ray Spex, et Pere Ubu, de Cleveland, Ohio, au grand complet. Avec ces derniers, disons que celui qui fait office de leader partage un même sens de l’espace sonore, moderniste et industriel. Du coup aucune des chansons ne présente une structure habituelle. Et même si celles-ci s’avèrent faussement chaotiques, elles proposent bel et bien une déconstruction des normes d’une sidérante vivacité, où, sur des rythmes syncopés, des guitares singulièrement accordées vrillent des embryons de mélodies décharnées – cette démarche innovante séduira d’ailleurs les trublions du post-rock Jim O’Rourke, David Grubbs et John McEntire qui collaboreront tous avec Mayo Thompson. D’une étourdissante liberté de ton, Soldier-Talk se livre à une éblouissante relecture des canons inhérents au rock, en plongeant tête baissée dans les dissonances, comme dans ces embardées héritées du free jazz que l’on retrouve là tapies dans les moindres recoins.

THE RED CRAYOLA

SOLDIER-TALK

Depuis ses débuts au milieu des années 1960, Mayo Thompson, le leader de Red Crayola (ou Krayola), n’en a toujours fait qu’à sa tête, plus attiré qu’il a toujours été par ce qu’il a appelé les « free-forms freakouts » que par quoique ce soit d’autre en rapport avec le rock au sens strict. Ainsi figurent au palmarès de cette formation d’origine texane deux des disques les plus fous du psychédélisme, Parable Of Arable Land (1967) et God Bless The Red Krayola & All Who Sail With It (1968), deux albums de pur délire à base d’improvisations proches de l’esprit de ce que confectionnaient alors les Mothers Of Invention de Frank Zappa. L’idéologie hippie, quoique l’on puisse imaginer, a toujours été étrangère à Mayo Thompson qui s’est rapidement découvert des affinités avec le punk-rock britannique, au point d’aller s’installer en Grande-Bretagne, patrie qu’il pense alors plus réceptive aux musiques déviantes. Toujours est-il que c’est effectivement depuis l’Angleterre que Red Crayola offrira un écho fascinant à la no wave new-yorkaise naissante, comme le relate Soldier-Talk, produit en compagnie du Britannique Geoff Travis, connu des amateurs pour son travail au sein du label Rough Trade. Plus encore que l’écho de la no wave, il s’agit peut-être bien là d’une singulière passerelle tendue par-dessus l’Atlantique, puisque collaborent autour de Mayo Thompson rien moins que l’Anglaise Lora Logic, ex-X-Ray Spex, et Pere Ubu, de Cleveland, Ohio, au grand complet. Avec ces derniers, disons que celui qui fait office de leader partage un même sens de l’espace sonore, moderniste et industriel. Du coup aucune des chansons ne présente une structure habituelle. Et même si celles-ci s’avèrent faussement chaotiques, elles proposent bel et bien une déconstruction des normes d’une sidérante vivacité, où, sur des rythmes syncopés, des guitares singulièrement accordées vrillent des embryons de mélodies décharnées – cette démarche innovante séduira d’ailleurs les trublions du post-rock Jim O’Rourke, David Grubbs et John McEntire qui collaboreront tous avec Mayo Thompson. D’une étourdissante liberté de ton, Soldier-Talk se livre à une éblouissante relecture des canons inhérents au rock, en plongeant tête baissée dans les dissonances, comme dans ces embardées héritées du free jazz que l’on retrouve là tapies dans les moindres recoins.

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